WPCS8 2EBS ZCouriermanitch3|xBoldCourier Oblique@KX@Laurentius_PostScript_(HP_LJ_III.PS)LAURENTI.PRSx  @hhhhw7X@CourierCourier BoldCourier ObliqueHelvetica NarrowTimes RomanCourierCourier BoldCourier ObliqueHelvetica NarrowTimes RomanTimes Roman BoldTimes Roman ItalicYzYzYzYzYC8C8C8C8ddddddddddYddddYYYYYYYdzYzYzYzYddddddddC8C8C8C8Ndz8z8z8z8z8ddddddCCCoNoNoNoNz8z8z8dddddddzYzYzYdz8dCoNz8dddddAP `0 # USES << ӟ hh 26wy S3|xgham paso 10 (Roman-8)Brougham paso 10 (IBM)Gothic Letter 16,66 (Roman-8)CourierCourier BoldBROTPURA.PRSx  @,,h0L}X@2#ah6B 3'3'Standard6&&ein wittgensteiniana wittgensteiniano6&StandardII.PS)LAURENTI.PRSx   Ђ#x  @U X@# dddd  hh X` hp x (#%'0*,.8135@8:hNhh84hhhhhhhhhhWhWhWhWhWhWhWhWhWyWWWWWhhhyyyyWWW&WhyW"m^"55U@ %8 55555555558885a@@EE@:JE0@5PEJ@JE@:E@Z@@:-555055550P5555 050E000  8  ` :@5@5@5@5@5`UE0@5@5@5@5E5J5J5J5J5E5E5E5E5@0@5E5J:J5@0@5@5@5E0E0E0E0E5@5@5@5@5J5J5J5J5J5J5E5E50@055555E5E5E5E5J5J5`ZE E E @0@0@0@0:::E5E5E5E5E5E5ZE@0:0:0:0E55E5E @0:@0@0E5J5E5K!35 :55555##5GG5 5` 55`00` `fxϔf6X@K@~)N-&%'NxzPCP9tE46-t\  PCqP  i(P0$6_P\  PCP9yE4B-y4  p(ACqUhN6B\  PCP UhNBB4  p(AC<7sE4S-s*f9 xCqX2I. % m|'`(c"m^4EXhhEEEh4E4:hhhhhhhhhhEEhE]thtttQ:QXhEhh]h]:hh::]:hhhhQQ:h]]]QS9SqE4EE#EEEEEEEEEEh:hhhhh]]]]]E:E:E:E:hhhhhhhhht]hhhht]hhh]]]]h]]]]hhhhhhhhE:E:E:E:]]t:t:t:t:t:hhhhhhŋQQQhQhQhQhQt:t:t:hhhhhht]tQtQtQht:hQhQt:t]t]hhhKI4mhQhhhhhh:Ahh-tthEEhhhhEt"^,;HXX;;;Xd,;,1XXXXXXXXXX11dddNvvlb;Elbvbll;1;SX;NXNXN;XX11X1XXXX;E1XXXXNU#U`;,;;;;;;;;;;;;X1NNNNNvvNlNlNlNlN;1;1;1;1XXXXXXXXXXNXXXXNNNvNvNvNvNXlNlNlNlNXXXXXXXX;1;1;1;1EXl1l1l1l1l1XXXXXXv;v;v;bEbEbEbEl1l1l1XXXXXXXlNlNlNXl1Xv;bEl1XXXXXT?xxx x6X@KX@?xxx+x `KXT^x6X@K@^y `K?xxxx6Nh[KXHTu5fffxϔf6X@K@~)N-&%'NxzPCP9tE46-t\  PCqP  i(P0$6_P\  PCP9yE4B-y4  p(ACqUhN6B\  PCP UhNBB4  p(AC<7sE4S-s*f9 xCqX1b;,6b\  PCP@X7%`,\XEXXXXXX17XX&bbX;;XXXX;bT?xxx x6X@KX@?xxx+x `KXT^x6X@K@^y `K?xxxx6Nh[KXHTu5fffxϔf6X@K@~)N-&%'NxzPCP9tE46-t\  PCqP  i(P0$6_P\  PCP9yE4B-y4  p(ACqUhN6B\  PCP UhNBB4  p(AC<7sE4S-s*f9 xCqX1b;,6b\  PCP@X7%` Il ne s'agit donc pas d'une captation de quelque chose qui, )tant exclusivement audel! du champ d'application des oppos)s, ne saurait par l! m+me +tre ni contradictoire ni noncontradictoire. Au contraire, la contradiction caract)rise Dieu positivement. Mais une contradiction oI les termes indiquant l'imperfection d)notent, certes, la m+me d)termination qu'ils d)noteraient dans tout autre contexte, s'y trouvant cependant r)alis)e dans ce cas de fa'on ! +tre, de par son identit) ! la perfection qui lui fait pendant " et qui s'y oppose ", une perfection ellem+me. C'est en ce sens que " comme nous le verrons dans la Section 4 " Dieu est audessus de (ou audel! de) la co5ncidence des contradictoires: il est une c.o. qui est d)j! pardel! soim+me, pour autant qu'en elle la t)n/bre n'en est pas une, non plus que la fin n'y est une fin, que la contradiction n'y est contradiction. Ce qui ne veut pourtant pas dire (attention!) que ce que nous appelons `contradiction' n'y d)signe pas une contradiction, et ainsi de suite ", c'est!dire que les termes y figurent dans un sens analogique ou bien carr)ment )quivoque. Non pas! Mais ce que nous appelons `contradiction', que ce soit en parlant de Dieu ou de n'importe quoi d'autre, c'est bien une contradiction; seulement en Dieu la contradiction " qui bien entendu est ce qu'elle est: une contradiction " est, tout ! la fois, une noncontradiction; la co5ncidence, une nonco5ncidence. Nous affirmons donc dans la th)ologie cusanienne ce que nie le principe de n.c. Et par l! nous nions le principe de n.c. D'autant que, comme nous allons le voir bient=t (Section 5 cidessous), la n)gation est encore plus pr)cise (ou moins impr)cise) en parlant de Dieu; il est donc plus exact de dire que Dieu est nonnoncontradictoire que de dire qu'Il est contradictoire; mais ce disant, nous venons, on ne peut plus express)ment, de nier le (ou une instance du) principe de n.c. Pour clore cette Section, je me permettrai de relever encore ce que Nicolas nous dit ! la fin du passage qui vient d'+tre cit): Dieu comprend ou englobe tout, c'est!dire: Il poss/de toute d)termination; seulement Il le fait de telle sorte qu'en m+me temps il n'en poss/de aucune. (Cela fera l'objet d'un )claircissement dans la Section finale de cette )tude.)    Z!  Section 3." En quel sens les contradictions en dieu ne se contredisent pas? (% La raison, comme Nicolas la con'oit, ne saurait se d)partir de ses principes cl)s, qu'Aristote n'a fait que codifier ou formuler pr)cis)ment: ceux de n.c. et du tiers exclu. Plus que cela: la raison est incapable de se hisser au plan du r)el oI les principes logiques co5ncident avec leur n)gation, se trouvant par l! +tre tout ! la fois vrais et faux. C'est la tche de l'intellect que d'y atteindre dans l'alt)rit) conjecturale de la d.i. " lorsqu'il s'agit de notre intellect humain, diff)rent de Cela m+me qu'il est appel) ! entendre, d'un Objet donc qui lui demeure )tranger et hors de port)e. Il s'ensuit que nous y atteignons sans y atteindre, ce qui justement fait des conjectures de la d.i. une connaissance qui n'en est pas une, un savoir qui ne nous est imparti que pour autant seulement que nous apprenons notre* o.,,:: propre ignorance de l'inattingible, l'atteignant par l! m+me d'une fa'on qui d)fie les r/gles de la raison. Il faut avoir pr)sent ! l'esprit que ce que l'intellect exige, la reconnaissance de la c.o., est cela m+me que la raison exclut de telle fa'on, par surcro3t, que tout le proc)d) rationnel, logique, consisterait exclusivement ! appliquer le principe de la contraposition de fa'on ! affirmer ce dont la n)gation entra3nerait une contradiction ou vice versa: dans DC (Il, 868), Nicolas dit ! un lecteur que, si on lui demande pourquoi (il affirme qu')une v)rit) quelconque de la g)om)trie, ou de la math)matique en g)n)ral, est effectivement vraie,  Rt tu r)pondras que cela est n)cessaire selon la voie de la raison parce qu'autrement il s'ensuivrait une co5ncidence de contradiction. Car toutes les disciplines qui peuvent +tre )tudi)es par la raison aboutissent seulement ! apprendre la fa'on de r)duire toutes  Z choses ! ce principe selon les termes duquel la contradiction doit +tre )vit)e.   ~Jk ԍRespondebis hoc esse propterea rationis uia necessarium, 88. alias contradictionis coincidentia sequeretur. Scire igitur ad hoc principium uitandae contradicentiae contradictionis omnia reducere est sufficientia omnium artium ratio.A  D/s lors, la m)thode rationnelle, application de la logique aristot)licienne, ne consisterait qu'! )viter la contradiction contredisante , que le contexte tr/s clairement identifie ! la co5ncidence de la contradiction, c'est!dire ! la c.o. C'est bien pourquoi notre philosophe (ibid., p. 88) nous dit qu'il a essay) de faire avancer notre connaissance en  Z affirmant une th/se inattingibilem atque inadmissibilem propter iam dictam coincidentiam uitandam.  Zo Nicolas regarde le principe de n.c. non seulement comme une r/gle du raisonnement, mais comme une v)ritable loi du r)el " dans la r)gion tout au moins oI il s'applique sans contradiction (c'est!dire sans que sa n)gation s'applique elle aussi). Il nous  ZB dit (DC, Il, 84) que les )tants sensibles subsistent comme ils le font parce que si aliter  X5 essent coincidentiam ipsam subinferrent. Or, pareille co5ncidence, exclue du domaine du sensible, est bel et bien vraie dans un domaine infiniment plus haut: celui de l'Infini. Dans l'Infini, d'apr/s notre philosophe, m+me les v)rit)s math)matiques se trouvent +tre fausses en m+me temps qu'elles gardent leur v)rit); car dans l'Infini le pair et l'impair co5ncident, de m+me que les lignes droite et courbe, tant et si bien que m+me les v)rit)s arithm)tiques s'y trouvent +tre ni)es. Nicolas ne fait donc pas un reproche ! ses adversaires aristot)liciens d'opposer la c.o. au principe de n.c. (Au contraire, lorsque dans un passage du B. (111, 4850), il rel/ve que, non pas un p)ripat)ticien quelconque, mais Aristote luim+me a refus) d'admettre une c.o. sur la base du principe logique de n.c., Nicolas emploie le verbe `ostendit': Aristote  Z montre donc que le principe de n.c. exclut qu'il existe dans le r)el une c.o.; il ne commet par l! aucun sophisme.) Les aristot)liciens ne s'y trompent pas. Ils ne tirent pas ! tort leur cons)quence. Ce qui est fautif, c'est le principe de n.c. Fautif htonsnous de le pr)ciser " en ceci seulement: ce principe est vrai partout, mais dans le domaine de l'Infini sa v)rit) est restreinte, accompagn)e qu'elle y est de la v)rit) de la n)gation du principe. Le seul domaine oI il r/gne sans partage ni borne, c'est celui du fini. Des v)rit)s arithm)tiques telles que 3 + 2 = 5 cessent donc (DC, 11, 80) d'+tre seulement vraies " vraies ! l'exclusion de leurs n)gations respectives " dans le domaine de  Z( l'intellect, qui avance intellectualiter8 per contradictoriorum copulationem (DC, 11, 24).(  o.,,::ԌSi les contradictoires ne se contredisent pas en Dieu, c'est que, sans rien perdre de leur nature, sans pour autant devenir affadis, )mouss)s, avachis, aplatis ni m+me infl)chis,  Z ils se trouvent confondus en Lui. Et c'est pourquoi affirmationi in ipso non opponitur  Z negatio (TP, II, 284). (Comparons ! cela cette d)claration de VS, I, 64, 66: puisque Dieu  Z n'est diff)rent de rien, non est aliud ab alio, les philosophes qui jusqu'ici hunc campum non  Z intrarunt, in quo solo negatio non opponitur affirmationi, ont manqu) le divin et par l! failli ! leur qu+te. Et le Cusain d'ajouter: `Extra hunc campum negatio affirmationi opponitur, ut immortale mortali, incorruptibile corruptibili, et ita de omnibus. Solum li non aliud excepto. Quaerere igitur Deum in aliis campis ubi non reperitur, vacua venatio est. Non enim est Deus qui alicui opponitur'.) La n)gation ne s'oppose pas ! l'affirmation: ce n'est pas ! dire qu'! l'affirmation et ! la n)gation des succ)dan)s se soient substitu)s entre lesquels il r)gnerait une meilleure entente; mais c'est, au contraire, que l'affirmation et la n)gation, tout en y gardant leur pouvoir respectif, leur mordant, voire m+me leur incompatibilit) mutuelle, y sont n)anmoins identifi)es, en sorte que par l! m+me leur opposition, sans pour autant cesser d'exister ou d'+tre ce qu'elle est, y est mu)e en union, en )galit), en concorde, en co5ncidence. Dans la sph/re intellectuelle donc " celle qui d'une fa'on ou d'une autre se hisse  Z ! la c.o. " une d)termination incompatibile non habet oppositum (DC, II, 24): ses oppos)s, en effet, si incompatibles qu'ils soient avec elle, deviennent l!, tout ! la fois, compatibles  Z avec elle, puisqu'ils y sont tous identiques. C'est pourquoi Dieu ne s'oppose ! rien: quia  Z non est plus aliquid quam omnia (DI, I, 282). Une chose finie se distingue des autres par les d)terminations qu'elle a et par celles qu'elle n'a pas. Ce n'est pas le cas de Dieu. C'est pourquoi (DC, II, 20) on ne peut, ! proprement parler, soulever une question ! propos de Dieu, puisque:  R Or une question quelconque admet uniquement que l'un des oppos)s soit r)alis) dans le cas de ce sur quoi porte la question, et tout aussi bien qu'il soit affirmable, ! propos de cet objetl!, quelque chose d'autre que ce qui saurait +tre affirm) ! propos d'autres choses. Autant d'alternatives qu'il serait au plus haut point absurde d'attribuer ! l'unit)  ZP absolue. P  ~J ԍOmnis enim quaestio de quaesito oppositorum alterum tantum uerificari posse admittit, aut quid aliud de illo quaesito quam de alus affirmandum negandumue existat. Haec quidem de absoluta unitate credere absurdissimum est.A  En Dieu, par cons)quent, rien n'est exclu, rien n'y est r)alis) ou poss)d) ! l'exclusion de quelque chose d'autre. Si l'on objecte que par l! m+me quelque chose est en train de se voir exclu, ! savoir cette fa'on d'+tre par laquelle une d)termination en exclut une autre, la r)ponse est, bien )videmment, que la fa'on ellem+me, pour autant qu'elle est quelque chose d'attribuable, une d)termination, est aussi poss)d)e par Dieu dans tout son essor, dans la pl)nitude et la vivacit) dont elle est capable; seulement, elle n'est pas r)alis)e en Dieu de la fa'on dont elle l'est dans les cr)atures " d'une fa'on qui se trouve +tre ni plus ni moins qu'ellem+me. En effet: cette d)terminationl! est en Dieu identifi)e aux autres,  X?$ alteritas sine alteritate, quia est alteritas quae identitas.  Z% Nous attribuons donc ! Dieu des attributs positifs suivant les significations propres des mots, diff)rentes de celles des autres mots (VD, III, 102). Il n'y a pas ! redire; mais il  Z' faut (ibid.) ne pas oublier que habere Dei est esse et movere est stare et currere est  Z{( quiescere et ita de reliquis attributis, puisque ipse est absoluta ratio in qua omnis alteritas{(  o.,,::  Z est unitas et omnis diversitas identitas, si bien que la diversit) de raisons prout nos  Z diversitatem concipimus in Deo esse nequit: ce qui veut dire, non pas que cette diversit) qui, elle, est comme nous la concevons, ne saurait pas +tre en Dieu, mais ceci: que cette diversit) ne saurait pas +tre en Dieu comme nous concevons la diversit) (l'op)rateur de n)gation y a une port)e large). Pour clore cette Section, examinons enfin un passage du NA (Il, 53032) oI Nicolas critique la position du Stagirite:  R Ce philosophel! tint pour on ne peut plus certain qu'une phrase affirmative contredit la n)gative correspondante, si bien que, eu )gard ! leur r)pugnance mutuelle, elles ne sauraient pas se dire de la m+me chose. C'est ce qu'enseigne la voie de la raison, qui en conclut que ce principe est vrai8 Il affirmait donc qu'une substance de la substance n'existe pas, non plus qu'un principe du principe; de la m+me fa'on qu'il soutenait qu'il n'est pas une contradiction de la contradiction8 si on l'eEt donc questionn) pour savoir si cela m+me qu'il voit dans les choses qui se contredisent, il le voit exister aussi au pr)alable (par avance) comme la cause avant l'effet et s'il n'y voit pas une contradiction sans contradiction, ! coup sEr il n'aurait pu le nier. De m+me donc qu'il voit que dans les choses qui se contredisent la contradiction est celle des contradictoires, pareillement il aurait vu avant les choses qui se contredisent une contradiction existant avant ladite  Z contradiction.   ~J ԍPhilosophus ille certissimum credidit negatiuae affirmatiuam contradicere, quodque simul de eodem utpote repugnantia dici non possent. Hoc autem dixit rationis uia id ipsum sic uerum concludentis. 8 aiebat enim substantiae non esse substantiam nec principii principium; nam sic etiam contradictionis negasset esse contradictionem8 Deinde interrogatus, si id quod in contradicentibus uidit, anterioriter sicut causam ante effectum uideret, nonne tunc contradictionem uideret absque contradictione, hoc certe sic se habere negare nequiuisset. Sicut enim in contradicentibus contradictionem esse contradicentium contradictionem uidit, ita ante contradicentia contradictionem ante dictam uidisset contradictionem8A  La fin du texte cit) est susceptible de plus d'une lecture. En voici une probable: `il [Aristote] aurait vu la contradiction (qui est) avant les extr+mes qui se contredisent, donc la contradiction (qui est) avant celle qu'on appelle contradiction'.  Z= Une contradiction existant avant les extr+mes contradictoires n'est pas " nous le savons d)j! par la Section pr)c)dente " une contradiction telle que, lorsqu'elle est, les extr+mes n'existent pas encore du tout; car elle manquerait alors de ces extr+mes, elle ne serait pas du tout contradiction: elle serait purement et simplement noncontradiction. Non: la contradiction avant les extr+mes contradictoires, c'est la contradiction oI les extr+mes se trouvent, en m+me temps que contradictoirement oppos)s l'un ! l'autre, unifi)s et partant compatibles, non oppos)s. La contradiction en question pr)c/de ainsi les contradictoires. elle pr)c/de leur contradictorialit), puisqu'en elle ils ne sont mutuellement contradictoires que pour autant que, tout ! la fois, ils sont non contradictoires. Si donc Aristote a sombr) dans l'erreur de croire que l'affirmation et la n)gation sont toujours (absolument) incompatibles, et que par suite on ne peut jamais affirmer ce que l'on nie, s'il s'est ! tort cramponn) de la sorte ! la voie de la raison, comme s'il n'y avait pas une voie plus haute, c'est que, craignant toujours les r)gressions ! l'infini (voir P, Il,  Z! 222), il a oubli) de s'interroger sur la contradiction de la contradiction; car justement la  Z" contradictio absque contradictione n'est rien d'autre que la contradiction de la contradiction: un principe de la contradiction qui la rend ce qu'elle est, contradiction donc, mais qui est par rapport ! ellem+me ce qu'elle est en ellem+me, c'est!dire: une contradiction.$ @ o.,,::ԌLa contradiction sans contradiction est donc la contradiction qui contredit la contradiction " une contradiction r)flexive, qui, en m+me temps qu'elle se contredit (et  Z qu'elle contredit de la sorte toute contradiction), devenant par l! contradictoire vis!vis d'ellem+me et de toute contradiction, cesse automatiquement d'+tre contradiction, puisque, se contredisant, elle contredit pr)cis)ment la contradiction (elle contredit donc la contradictorialit) de la contradiction), ce qui veut dire qu'elle se pose comme non contradictoire. Contradiction non contradictoire, contradiction avant la contradiction; mais contradiction, apr/s tout: donc contradiction qui est contradictoire sans l'+tre. Ce qui, jaug) ! l'aune d'une logique aristot)licienne, serait un pur paradoxe semblable ! celui de Russell, cela m+me se trouve +tre ici l'expression d'une v)rit) ineffable " ineffable, mais tout ! la  Zl fois, contradictoirement, non ineffable, sed supra omnia effabilis: DA, I, 304.    Z< y Section 4." Audel! de la coincidence des oppos)s (c.o.): Le mur du paradis (% Nous avons vu que le Cusain exprime la c.o. au moyen de deux sortes de formules:  Z des contradictions (de la forme  x est f et x n'est pas f ) et des neutrodictions (de la forme x n'est ni f ni nonf  " qui normalement seraient regard)es comme )quivalentes ! des formules du genre:  Ceci n'est pas vrai: ou bien x est f ou bien x n'est pas f ). Ce qui doit maintenant retenir toute notre attention, c'est que, tant qu'! vouloir ranger sur deux plans diff)rents les contradictions et les neutrodictions, vu les scrupules plus cuisants, ou le plus grand malaise, qu'on )prouve apparemment face aux contradictions, on serait tent) d'accorder aux neutrodictions un statut en quelque sorte avantageux par rapport aux contradictions, comme si elles pouvaient approcher mieux de la v)rit). Or, n'estce pas pr)cis)ment ce qu'a fait Nicolas luim+me dans le DC? Car non seulement il est de fait que le Cardinal s'exprime plus souvent, l! comme ailleurs, par neutrodictions que par contradictions, mais, de surcro3t, dans cet ouvrage, en effet, il distingue deux unit)s sup)rieures: la divine et l'intellectuelle. La premi/re serait caract)ris)e  ZX par un absolution ueritatis conceptus (DC, Il, 22) qui ambo abucit opposita, disiunctive  ZK simul et copulative, ! telle enseigne qu'! une question quelconque sur Dieu la r)ponse la plus infinie, la plus simple, la plus absolue, la plus haute, la plus conforme ou ad)quate sera  Z/ celle qui dit quod ipse nec est nec non est atque quod ipse nec est et non est (ibid.).  Z A cette unit) divine, par rapport ! laquelle il n'est coniectura de ipso verissima quae admittit affirmationem cui opponitur negatio aut quae negationem quasi veriorem  Z| affirmationi praefert (ibid., p. 20), notre philosophe oppose l'unit), apparemment subordonn)e ! la premi/re, propre ! la r)gion intellectuelle ou radicale dans laquelle  X`" copulantur igitur in eius simplicitate radicali opposita ipsa indivise atque irresolubiliter  ZQ# (ibid., p. 22), les contradictoires s'y trouvant ainsi unis par une connexion sans disjonction  ZB$ (in ipsa illa unitate radicali non disiungitur, p. 22). Je ne peux pas, dans les limites de cette )tude, me livrer ! une analyse herm)neutique exhaustive de pareille dualit) d'unit)s (un examen plus pouss) peut +tre trouv) dans (P:2)). Je me bornerai donc ! indiquer qu'il y a deux interpr)tations apparemment erron)es. Pour la premi/re (propos)e par Mariano lvarez, dans (A), p. 54), Dieu, qui en Luim+me est audel! de toute contradiction (puisque, comme Cet interpr/te le soutient " voir cidessus " les oppos)s ne s'appliquent ! Lui ni avec v)rit) ni avec fausset)), nous+ o.,,:: appara3trait comme contradictoire; fausse apparence donc, qui ne refl)terait point l'+tre m+me de Dieu. D)s lors, l'unit) intellectuelle serait l'unit) de Dieu non pas en Luim+me mais tel qu'Il nous appara3t, c'est!dire la fausse apparence d)riv)e de notre fa'on humaine de concevoir, de nos concepts finis " soit de notre ent+tement ! appliquer ! Dieu des pr)dicats ou des concepts dont le domaine se r)duirait au fini. La deuxi/me interpr)tation (propos)e par A. Bonetti dans le chap. 3 de (B), pp. 61ss) reconna3t au contraire que l'unit) intellectuelle est celle propre ! une r)gion du r)el, ayant par l! un sens ontologique et non pas seulement gnos)ologique, comme ce serait le cas d'apr/s M. lvarez; or, Bonetti ne reconna3t pas le caract/re divin de ladite r)gion, n'y voyant donc que la zone la plus haute du cr)atural. L'interpr)tation gnos)ologique de l'unit) intellectuelle du DC est ! rejeter pour trois raisons:  1) l'ouvrage rend on ne peut plus clair qu'il s'agit l! de l'unit) caract)ristique d'un domaine du r)el oI se trouvent les intelligences, donc les anges, domaine qui s'y voit accorder les trois noms de `regio intellectis', de `primus mundus' et de `tertium caelum';#  2) rien ne saurait appara3tre de Dieu, si ce n'est quelque chose qui soit vrai de Lui; ce qui  Z appara3t est ce qui uidetur, c'est!dire ce qui est vu: Nicolas " apr/s avoir dit  Z ailleurs que Dieu est omnia quae uidentur (comment ne le seraitIl pas, Lui qui est  Z omnia tout court, voire m+me omnia quae esse possunt?) " s'exclame dans VD, III,  Z 98: Primo loco praesupponendum esse censeo nihil posse apparere circa uisum  Z iconae Dei quin uerius sit in uero uiso Dei: plus vrai donc: la fa'on seule d'y +tre distingue ce qui para3t, comme il para3t, de ce qui s'y trouve, comme il s'y trouve;#  3) comme nous le verrons dans la Section finale de cette )tude, les deux caract)risations respectives des deux unit)s, divine et intellectuelle; sont en v)rit) seulement deux approches diff)rentes d'une seule et m+me unit).# Quant ! l'autre interpr)tation, elle m)conna3t la troisi/me raison qui vient d'+tre invoqu)e, ainsi que beaucoup d'autres indices " que j'ai examin)s dans (P:2) " militant en faveur d'une identit) entre les deux unit)s: l'unit) supr+me serait l'unit) supradivine de la nature m+me de Dieu; l'unit) intellectuelle, celle oI, par la procession du Verbe dans l'intellect de Dieu, c'est!dire par le jaillissement de l')galit) dans l'unit), il r)sulte dans l'+tre m+me de Dieu une dualit), r)solue en trinit) par le lien (connexio) entre les deux p=les de l'unit) et de l')galit), " mais une pluralit) qui, en Dieu, n'est qu'unit) (cf. P, Il,  Z! 328: Neque trinitas esset perfecta nisi sic esset una quae unitas), en vertu de la parfaite identit) sans faille de toutes les d)terminations dans l'unit) intellectuelle de Dieu. Toujours estil que le Cusain emploie effectivement et souvent, ! partir du DC, des  Z*% expressions sugg)rant que Dieu serait `audel! de' (ultra) ou `audessus de' (supra, super) la c.o. Mariano lvarez y voit des indices clairs en faveur de son interpr)tation: la c.o.  Z' constituerait le mur du paradis, ce que la divinit) exhibe ! notre regard, tandis que l'+tre v)ritable de Dieu ne se trouverait qu'audel!. Examinons plusieurs de ces textes. Tout d'abord, l'expression `ultra coincidentiam' et d'autres semblables foisonnent dans VD. Or, nous l'avons constat), Nicolas y soutient que Dieu ne peut para3tre que comme  ZJ+ ayant des d)terminations qu'Il a effectivement (n'oublions pas ceci: Visus tuus, Domine, estJ+ o.,,::  Z essentia tua (VD, III, 128). Dans ces m+mes passages des chapitres 9 ! 13, notre philosophe  Z parvient, ce me semble, ! nous communiquer clairement sa pens)e: il faut bien intrare  Z calliginem et admittere coincidentiam oppositorum (p. 132), non pas comme un pas n)cessaire mais transitoire, c'est!dire non pas comme un stade audel! duquel on devrait se passer d'une telle admission " sans quoi le visage de Dieu ne se manifesterait pas ! nous ", mais bien comme l'attitude d)finitive ! adopter face ! Dieu; s'il faut en effet gravir le mur de la c.o. et aller plus loin, une fois qu'on est entr) au paradis, cela ne veut point dire que la c.o. ne soit qu'une enceinte, une palissade, audel! de laquelle il n'y aurait plus de c.o., mais quelque chose d'autre. Au contraire! D'un c=t), la c.o. n'est pas la cl=ture, mais elle a sa cl=ture. Elle remplit tout le domaine du paradis; domaine dont l'enceinte ! franchir  Zp est justement l'admission de ladite co5ncidence. La c.o., c'est donc le paradis. D'autre part, le mur du paradis est la borne qui s)pare la c.o. de la nonco5ncidence. Or, qu'estce qu'une telle borne? Appartientelle aux deux territoires qu'elle s)pare? Constituetelle une zone neutre, oI par suite il n'y aurait ni co5ncidence ni nonco5ncidence? Dans un cas comme dans l'autre (mais en fait ne s'agitil pas d'un seul et m+me cas, puisque la contradiction et la neutrodiction sont )quivalentes?), elle ne se distingue pas du territoire m+me qu'elle sert ! marquer et encercler. (Et apr/s tout, comment le paradis de Dieu pourraitil +tre born) ou circonscrit, si ce n'est par luim+me, borne sans borne, borne infinie qui est borne de tout, y compris d'ellem+me et qui, d/s lors, n'est pas une borne, mais l'audel! de toute borne?)  Z> D'oI il r)sulte que la relation entre le paradis et sa cl=ture (ou sa porte: ostium)  Z1 n'est pas celle qu'il y a entre un champ quelconque et sa ceinture: le pourtour est d)j! le paradis, l'or)e et le centre ne font qu'un, puisque l!haut les oppos)s co5ncident, le cercle  Z et la circonf)rence se confondent. Cette lisi/re ubi posterius coincidit cum priore, ubi finis  Z coincidit cum principio, ubi alpha et omega sunt idem (p. 136), l! oI illud quod uidetur  Z impossibile est ipsa necessitas (p. 139) est en train de ceindre un territoire qui n'en diff/re  Z pas: circumdat locum ubi habitas in coincidentia. Mais la c.o. est d)j! audel! d'ellem+me. Elle est en effet la co5ncidence avec la nonco5ncidence. Plut=t donc que de parler, comme M. lvarez ((A), p. 56), d'une  Z7 Steigerung ihrer selbst ! laquelle serait contrainte la c.o. konsequent gedacht, il me semble au contraire pr)f)rable de ne voir dans ces d)clarations cusaniennes qu'une confirmation du fait que la c.o. co5ncide avec son propre franchissement, avec son audel!. Rien ne se passe en effet comme si apr/s elle, une fois seulement qu'elle eEt )t) d)pass)e, l'audel! pEt enfin se montrer. Puisqu'elle co5ncide avec son audel!, elle est ellem+me son propre audel!.  Z! Deus est superdeus. La preuve en est que non seulement le Cusain continue de reconna3tre jusqu'! la  ZH$ fin de ses jours la c.o. en Dieu, en d)pit de ses affirmations sur l'ultra ou super  Z;% coincidentiam, mais que le plus souvent les deux genres d'expressions se retrouvent dans le m+me texte c=te ! c=te. C'est qu'elles sont toutes vraies, mais insuffisantes. Lorsqu'on dit `c.o.' tout court, on reconna3t la v)rit) des contradictions en Dieu; lorsqu'on dit `ultra',  Z( on reconna3t que la contradiction est, en Dieu, absque contradictione (on pourrait dire tout  Z) autant: ante, ultra, supra contradictionem), dans le sens qui a d)j! )t) scrut) dans cet article.  l* o.,,::Ԍ Z   Section 5." La th)ologie copulative: conclusion (% Le passage du DC sur les deux unit)s sup)rieures que nous avons eu a consid)rer dans la Section pr)c)dente, quelle qu'en soit l'interpr)tation qui doive +tre retenue ! la fin, semble r)v)ler en tout cas une pr)f)rence marqu)e pour la th)ologie n)gative, puisque la fa'on la plus infinie, la plus absolue, la plus pr)cise, la plus )lev)e de parler de Dieu, c'est  Z+ celle qui dit quod ipse nec est nec non est atque quod ipse nec est et non est (II, 22), tandis que ce n'est que par rapport ! l'unit) seconde, intellectuelle ou radicale, que l'on peut parler  Z per contradictoriorum copulationem in unitate simplici, sans disjonction. On pourrait d/s lors soup'onner que la n)gation seule puisse caract)riser l'unit)  Zi supr+me, divine ou supradivine (penitus diuina seu absoluta: DC, II, 16). Or, il faut bien  Z\ noter ceci: dans ce m+me ouvrage, DC, notre philosophe tient aussi ! rappeler: que in divina complicatione omnia absque differentia coincidunt, in intellectuali contradictoria se  Z@ compatiuntur (II, 84); que Dieu neque enim tunc potius est lapis quam non lapis, sed est  Z3 omnia (38); enfin que Dieu omnia est in omnibus puisqu'Il antevenit diversitatem, alietatem,  Z& oppositionem. Ce qui ne veut pas dire, d'apr/s ce que nous avons d)j! vu, que Dieu existe avant la pluralit) et l'opposition, dans le sens d'une vie ou d'une existence dans une r)gion supr+me du r)el oI de telles d)terminations n'auraient pas encore surgi ou ne seraient pas encore r)veill)es (Dieu )tant alors contraint d'exister dans une esp/ce d'innocente simplicit) sans d)doublement, sans complications d'aucune sorte " et, au surplus, se voyant par l!  Z m+me r)duit ! +tre seulement le d)but, le simple commencement, ce qui pr)c/de et ne suit point, alors que Dieu n'est d)but ou principe que pour autant qu'Il est aussi fin " B, III, 14;  Z VD, III, 152; CT, III, 656; Il n'existe avant les choses que pour autant qu'Il existe aussi  Z apr/s elles, comme leur r)sultat, portant donc en soi toute la riche diaprure du fini). Le sens v)hicul) par l'affirmation cusanienne que nous venons de citer est au contraire celuici: Dieu ne poss/de l'alt)rit) qu'identifi)e ! l'identit) m+me de son +tre, compliqu)e dans son unit) et confondue avec elle, donc avec Luim+me. En outre, il ne faut pas oublier que, si le Cusain, dans le texte du DC, II, 84 que nous venons d')voquer, oppose en quelque sorte l'unit) supradivine oI tout co5ncide sans diff)rence, ! l'unit) intellectuelle, oI les contradictoires compatissent, ce n'est pas pour refuser ! cette derni/re l'unification totale et sans r)sidu des contradictoires, puisque dans  Z cette unit) intellectuelle copulantur igitur in eius simplicitate radicali opposita ipsa indivise  Z atque irresolubiliter. La seule diff)rence entre les deux unit)s est donc une nuance, une question d'accent " qui naturellement n'existe en Dieu qu'identifi)e ! l'unit) parfaite de son +tre. Ce n'est m+me pas que l'unit) supr+me repr)sente le c=t) de la n)gation, de la neutrodiction, l'unit) intellectuelle repr)sentant en revanche celui de la contradiction. Une telle approche, qui constituerait d)j! un pas en avant consid)rable pour cerner de pr/s la pens)e de notre philosophe, et qui se ferait dans la reconnaissance du fait que neutrodiction et contradiction ne sont que les deux faces d'une seule m)daille " du reste )quivalentes d'apr/s la plupart des calculs logiques " ne saisirait pourtant pas l'id)e centrale que Nicolas s'efforce d'exprimer " encore qu'il sache qu'elle n'est effable que pour autant qu'elle est, tout ! la fois, ineffable ": les n)gations qui sont assert)es vis!vis de l'unit) supr+me ne  Zz) sont pas des n)gations courantes, puisque non est igitur conjectura de ipso uerissima quae admittit affirmationem cui opponitur negatio, aut quae negationem quasi ueriorem  Z^+ affirmationi praefert.^+ o.,,::ԌL'unit) supradivine exige donc que nos conjectures sur elle, pour qu'elles approchent le plus possible de sa simplicit) complicative, ne privil)gient ni l'affirmation ni la n)gation. Or pareille )quidistance ne peut se faire que par deux moyens: ou bien le silence, ou bien un discours ayant recours soit ! des contradictions, soit ! des neutrodictions " les unes comme les autres se tenant pareillement ! ce postulat de la nonpr)f)rence. Des deux moyens, c'est le silence qui constitue l'attitude la plus pure, la moins dispers)e dans la pluralit) ou entach)e par l'alt)rit) (VD, III, 120). Notre langage n'est pas parall/le au r)el de la r)gion supr+me, i.e. ! l'Infini, puisque la pluralit) de nos vocables n'est pas r)sorb)e dans l'unit), quand bien m+me ce que nous voulons dire par leur truchement est pr)cis)ment cette identit) du divers en Dieu (voir ! ce propos les consid)rations tr/s d)taill)es du CT, III, 696). Un langage serait seul appropri) oI cette identit) ou co5ncidence se dirait au moyen d'une expression qui, tout en )tant une, identique, d'un seul tenant, fEt n)anmoins, en m+me temps, compos)e de plusieurs expressions " une composition sans composition, puisque les composantes n'en seraient pas moins confondues, identifi)es entre elles et au message total qu'elles constitueraient ensemble. Une telle parole est cependant l'apanage de Dieu, comme tout ce qui r)alise une identit) du divers. Nous ne faisons que nous la repr)senter dans l'alt)rit) conjecturale. D'oI l'insuffisance de notre parole humaine, inad)quate parce que non isomorphe au divin. C'est pourquoi il en r)sulte notre besoin de combiner cette parole au silence, comme deux approches coordonn)es. Or dans notre parole il y a des affirmations et des n)gations. Les derni/res ressemblent davantage au silence. On estime que celui qui pose une affirmation dit plus que quiconque se borne ! nier. Le Cusain assume, dans le passage du DC qui a donn) lieu ! cette controverse ex)g)tique, pareille hi)rarchie des phrases: les n)gatives y tiennent seulement la place du silence, ou plut=t: elles ne sont prof)r)es que comme ce qui, sur le terrain m+me du langage, ressemble le plus ! l'expression taciturne de l'ineffable. On comprend d/s lors ce que le Cardinal reproche ! presque tous les th)ologiens  Z de la uia moderna (DC, II, 36): que par leur application du principe du tiers exclu, ils affirment des choses qu'il faudrait tout autant nier et qu'ils nient des choses qu'il faudrait tout autant affirmer. En d'autres mots: qu'ils disent, que ce soit avec des affirmations ou des n)gations selon les cas, des choses qu'il faudrait aussi taire, donc nier  dans le sens de s'abstenir d')noncer. La th)ologie ! laquelle veut aboutir notre philosophe n'est pas le pur silence  Z" mystique. Elle ne nous condamne pas ! nous taire, comme le Tractatus de Wittgenstein. Mais elle d)bouche bien sur une synth/se de silence et de parole, comme deux proc)d)s  Z$ coordonn)s: sic loqui de Deo ineffabili est loqui loquela quae est super omnem loquelam  Z% et silentium, ubi silere est loqui (DPL, II, 664). La parole nous demeure toujours indispensable. Elle n'est pas le tout, mais nous ne saurions nous en passer. Cette parole doit combiner, dans l'unit) d'une th)ologie copulative, toutes les qualit)s, tout l'acquis des th)ologies disjonctive, n)gative, affirmative et dubitative. Mais la parole que nous prof)rons sur Dieu doit toujours se faire dans une sage  Z* retenue, n'oubliant jamais que Dieu est super omnem contradictionem, positionem et  Z+ oppositionem, affirmationem et negationem (P, Il, 240), dans le sens, qui nous est devenu+ o.,,:: familier, de poss)der tout cela, mais d'une fa'on plus excellente " toute imperfection, toute alt)rit) n'y )tant que perfection et identit). Les diff)rentes th)ologies sont des modes vari)s d'expression dont le sommet et la  ZI synth/se sont constitu)s par la th)ologie copulatiua opposita affirmative connectens aut  Z< negative ipsa opposita copulative penitus abiiciens (FD, II, 636), qui assume l'assortiment bariol) des conjectures th)ologiques affirmatives, n)gatives, dubitatives et disjonctives par  Z  l')nonciation des contradictions comme des neutrodictions, mais tout cela ipsum ineffabile  Z qualitercumque exprimere conantes, et, par suite, en accordant ainsi les paroles au silence, non moins parlant lorsqu'il est l'envers d'une th)ologie copulative. Car ce n'est que par une  Z telle combinaison que nous pouvons approcher de Celui qui, tout en )tant supra omnia  Z effabilis (DA, I, 304), n'en demeure pas moins super omnem affirmationem et negationem  Z ineffabilis (FD, Il, 638): une approche qui, incomprehensibiliter, est d)j! une atteinte  Z puisque par l! seulement illud ipsum unum, etsi inattingibile remaneat8 in omnibus  Z attingibilibus attingitur (FD, II, 628). Pr)paronsnous ! conclure cette )tude en longeant le chemin discursif du dialogue  Z Idiota de sapientia (III, 460): ! Dieu ne conviennent ni l'affirmation ni la n)gation parce qu'Il les r)alise en une unit) sans scission, alors que nos affirmations et nos n)gations sont plong)es dans la division, dans l'alt)rit) " audedans comme audehors. C'est pourquoi, apr/s avoir essay) une th)ologie disjonctive qui affirme de Dieu certaines choses et en nie d'autres " n'ayant garde d'affirmer celles qu'elle nie ou vice versa ", on se d)cide pour une th)ologie n)gative, qui nie chacune des contradictoires " la n)gation comme l'affirmation ", tout autant que leur disjonction et leur conjonction; c'est apparemment ce que Nicolas fait lorsqu'il nous parle de l'unit) (supra)divine dans le DC; mais on s'aper'oit de l'unilat)ralit) de ce qu'on vient d'accomplir (puisque, comme le dit Nicolas ailleurs " dans  Z son sermon 213, voir (S), p. 100 ", Deo nulla conuenit negatio seu priuatio, sed sibi soli  Z negationis negatio quae est medulla et apex purissimae affirmationis " cf. TP, Il, 350: Tunc  Z~ de eo uides nihil negari); on s'engage alors dans un roulis, dans un vaetvient oI tant=t on  Zq affirme tout de Dieu secundum positionem, tant=t on lui d)nie tout secundum ablationem.  Zd Arrive enfin la th)ologie copulative, qui, tenant compte de ce que Dieu est supra omnem  ZW positionem et ablationem, r)unit, par des contradictions et des neutrodictions, toute la force  ZJ et la v)rit) partielle des approches pr)c)dentes, en affirmant pardessus tout le Deus est  Z= supra: c'est une affirmation qui renferme toutes les n)gations; ou plut=t, c'est une pseudo Z0 affirmation, une version affirmative de la n)gation, puisque negatio est principium omnium  Z# affirmationum (P, II, 252) " et c'est pourquoi (ibid.) affirmatio melius est in negatione cum  Z! negatio sit eius principium. (Que la n)gation soit le principe s'explique probablement par ceci, qu'elle est plus proche de l'unit) sans faille du silence parlant, invoquant ainsi de plus pr/s l'Egalit) Infinie oI l'alt)rit) est sans alt)rit).)  Za$ La n)gation est praegnans affirmationis. Bien entendu, tout cela ne se r)alise que  ZT% par et dans le Principe, quod est ante contradictionem: dans les cr)atures l'affirmation et  ZG& la n)gation s'excluent (duo contradictoria non possunt aeque de eodem uerificari), car les cr)atures sont in)gales par ellesm+mes, alors que l'unit) de l'affirmation dans (et avec) la n)gation ne saurait avoir lieu que lorsque leur )galit) n'est pas emp+ch)e ou entrav)e par l'in)galit) propre au sujet sur lequel elles portent. En Dieu uniquement se r)alisent tout ! la fois, pour n'importe quelle d)termination, les quatre alternatives envisag)es par Nicolas dans sa formulation de ce qu'on pourraitt+ o.,,::  Z appeler le principe du cinqui/me exclu : esse, uel non esse, uel esse et non esse, uel nec  Z esse nec non esse (DI, I, 212), principe auquel notre philosophe semble accorder une plus incontestable )vidence qu'! celui du tiers exclu. Le TP (II, 294) exprime cette doctrine du Cusain par ce qui a l'air d'+tre une formule d)finitive: quant ! savoir si Dieu poss/de une d)termination ou ne la poss/de pas, ou s'Il la poss/de tout en ne la poss)dant pas, ou enfin s'Il ne la poss/de pas tout en s'abstenant aussi de ne pas la poss)der, ce qu'il faut r)pondre, c'est, non pas ce que notre philosophe, un an seulement auparavant (dans P, II, 230), avan'ait comme une formulation  Z pr)f)rable " ! savoir, melius tunc uides contradictoria negari ab ipso, ut neque sit, neque  Z non sit, neque sit et non sit, neque sit uel non sit ", mais bien que, licet infinite melius,  Z haec omnia sunt in Deo ipse Deus simplex.  ZQ La th)ologie copulative nous dit par l! son dernier mot: omnia " mais infinite  ZD melius: justement parce que toutes les d)terminations sont identifi)es et confondues dans l'unit) divine, chacune est poss)d)e par Dieu d'une fa'on infiniment meilleure que nous ne saurions le dire, puisque en Lui la pluralit) est unit), la vari)t) est identit). Laissons ! notre philosophe le mot de la fin (m+me s'il n'y fera que s'en remettre  Z ! la source dont il s'inspire le plus, le Corpus Aeropagiticum: cf. (V), pp. 1145):  R Denys s')lance, pardessus la disjonction, jusque dans l'union et la co5ncidence8 l! oI =ter, c'est tout ! la fois mettre, ces deux actes n'y faisant qu'un; telle est la th)ologie la plus secr/te, ! laquelle aucun philosophe ne saurait atteindre tant que le principe commun de toute philosophie restera debout, celui interdisant en g)n)ral la co5ncidence  Z1 des deux contradictoires quels qu'il soient.U X1  ~J ԍDionysius saltat supra disiunctionem usque in copulationem et coincidentiam8 ubi ablatio coincidit cum positione; et illa est secretissima theologia ad quam nullus philosophorum accedit neque accedere potest stante principio commune totius philosophiae, scilicet quod duo contradictoria non coincidant.UA     Z (% R)f)rences bibliographiques  Zf (%  (A) Mariano lvarez G;mez, Die verborgene Gegenwart des Unendlichen bei Nikolaus von  ZY Kues, Munich et Salzbourg, V. 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